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Nous passons de longs moments en kenjutsu à apprendre comment atteindre notre cible et infliger des dommages à l’adversaire pour le mettre hors de combat ou le tuer. Mais nous nous préoccupons guère des suites de ces blessures. L’article suivant est une traduction du blog de Markus Sesko et traite des « médecins » japonais de l’époque médiévale.

Markus Sesko est membre du NBTHK, le groupe japonais pour la préservation des arts du sabre japonais. Depuis 2008, auteur et traducteur freelance dans le domaine des arts et des antiquités japonaises. A ce titre il a déjà publié de nombreux livres en allemand et en anglais (https://markussesko.wordpress.com/books/). Sur son blog il propose régulièrement des articles sur ses travaux et ses traductions (https://markussesko.wordpress.com/).

 

Le spécialiste du traitement des coups d’épée

 

Par Markus Sesko. Avec sa permission pour la traduction. Article original : https://markussesko.wordpress.com/2015/03/27/the-specialist-for-treatment-of-sword-cuts/.

 

Alors que je traduisais récemment un article lié aux champs de bataille, je suis tombé sur le terme kinsô’i (金 創 医) qui fait référence à des «médecins» qui étaient spécialisés dans le traitement des plaies incisées en général et de blessures de flèches et coups d’épée en particulier. L’article n’allait pas beaucoup plus dans le détail à ce stade car il était plus de nature générale, mais ce terme a éveillé mon intérêt et comme presque tout est disponible sur le net à ce sujet, j’ai commencé à faire des recherches dont le résultat est cet humble article.

Fondamentalement, le système médical japonais du moyen-âge et de l’antiquité était très semblable à celui en Occident. Cela signifie qu’il y avait des médecins universitaires et des praticiens en partie spécialisés et en partie généralistes qui étaient considérés de rang inférieur. Ce rang inférieur était soit lié au fait que ces praticiens ne suivaient pas une formation approfondie tels les médecins, soit par certains stigmates religieux et sociaux associés aux choses impures comme le sang entre autres. En ce qui concerne le Japon, les dossiers sur les « affaires médicales » vont assez loin en arrière, c’est à dire jusqu’aux codes Taiho et Yoro du 8ème siècle. Le premier était simplement une adaptation du système gouvernemental de la dynastie Tang en Chine alors que le second incorporait déjà les traditions japonaises et les nécessités pratiques de l’administration. Ces codes sont assez connus aujourd’hui puisqu’ils ont survécu sous leurs formes originales et transcrites et nous y trouvons aussi un statut de service médical, l’ishitsu-ryô (医 疾 令). Selon sur quoi vous basez votre décompte, à savoir des fragments originaux existants ou transcriptions ultérieures du code, l’ishitsu-ryô est composé soit de 19, 24, ou 26 articles. Il traite de la réglementation concernant la formation et la nomination des médecins (par exemple la réglementation de la façon de devenir un médecin, un acupuncteur, un massothérapeute, un guérisseur par les charmes et ainsi de suite), les devoirs des médecins de la cour (ten’yaku-ryô, 典 薬 寮) et les médecins locaux dans les provinces, et le fonctionnement des jardins d’herbes médicinales.

 

Chirurgie des yeux comme on le voit dans les dessins de la fin de l'époque Heian jusqu'au début de l'époque Kamakura. Yamai pas Soshi (病 草紙).

Chirurgie des yeux comme on le voit dans les dessins de la fin de l’époque Heian jusqu’au début de l’époque Kamakura. Yamai pas Soshi (病 草紙).

(suite…)

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