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Posts Tagged ‘kata’

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Voilà bien longtemps que je n’avais pas écrit sur ce blog. Alors pour commencer en 2019 me voilà reparti pour parler des kata. Des kata qui sentent souvent la poussière, parfois dénigrés par les plus sportifs, parfois juste un élément de passage de grade dans les budo modernes.

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NAMT 2016, en démonstration ou à l’entraînement, l’intensité entre shitachi et uchitachi doit être perceptible. Photo Thomas Taragon.

Cet article est initialement paru dans le magazine Dragon Hors série.

Le public a souvent une image désuète des anciennes traditions martiales, celle de la répétition d’une séquence inamovible de gestes prédéfinis. Mais lorsque l’on intègre un koryu, on découvre un monde bien différent à travers le kata. Ce qui suit décrit mon expérience de cet outil par le prisme du Takamura ha shindo yoshin ryu, une école de jujutsu et de kenjutsu datant de 1864.

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Hataraku , "travailler / qui fonctionne".

Hataraku , « travailler / fonctionner ».

La base de la transmission dans les koryu est la répétition des kata. La répétition permet de perfectionner le geste et conditionner les réactions. C’est sur la base de ces schémas d’attaque et de défense que les combattants japonais se sont préparer au combat et transmis leur savoir.

Aujourd’hui les disciplines modernes orientées vers la compétition mettent plus en avant les pratiques semi-libres comme le randori, le shiaï ou le sparring. Les pratiquants issus de disciplines sportives sont souvent dubitatifs sur l’intérêt de travailler des enchainements codifiés pour se préparer au combat, de nature chaotique.

Alors comment ont fait ces anciennes écoles pour assurer la formation de combattants et non de marionnettes répétant inlassablement un geste convenu ? Pour réfléchir à cette problématique, je vous propose la traduction d’un texte de Wayne Muromoto, ancien éditeur de Furyu, traitant de l’improvisation dans l’entrainement à base de kata.

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Marco Pinto et l'auteur, pratiquant un kata de kenjutsu du niveau shoden.

Marco Pinto et l’auteur dans le rôle d’uchitachi

Il est courant que l’enseignant insiste sur le fait qu’uchitachi réalise une attaque avec la bonne intention. Par exemple au kenjutsu, un tsuki est supposé entrer dans l’espace du partenaire et traverser ce dernier s’il ne bouge pas. Enfin, cela est vrai pour l’intention car si shitachi ne bouge pas – parfois simplement « ailleurs » mentalement – uchitachi doit être capable de contrôler son geste et s’arrêter (néanmoins peut-être qu’à un niveau d’étude supérieur il atteindra tout de même shitachi pour le mettre sous pression).

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Le Shindo Yoshin ryu est un parent du karaté wado ryu. Bien qu’issu du karaté Shotokan, son fondateur Hironori Otsuka incorpora dans son karaté ses connaissances en Shindo Yoshin ryu, faisant du wado ryu le premier karaté spécifiquement japonais. Il est intéressant de voir comment le kata, élément central des nihon koryu, est justement traité différemment par les arts d’Okinawa et ceux du Japon.

kata de wado ryu par son fondateur Hironori Otsuka

kata de wado ryu par son fondateur Hironori Otsuka

Le sens du kata dans le karaté wado ryu

Par Tobin Threadgill, permission exclusive pour la traduction.

Les wadoka peu familiers avec les nihon koryu associent souvent le mot kata avec le budo d’Okinawa. Par conséquent, le « kata » est considéré principalement comme une pratique en solitaire où des mouvements spécifiques sont reliés dans une longue série de gestes cohérrents.
Voilà pourquoi les enseignants comme moi, familiers avec les koryu japonais voient le Wado ryu comme un art tout à fait distinct de l’Okinawa-Te et regardent de travers un wadoka qui mentionne les bunkai. De notre point de vue les bunkai n’appartiennent pas vraiment au Wado ryu parce que la pédagogie est complètement différente [de celle de l’Okinawa-te]. (suite…)

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Document décrivant le Yagyu Shinkage ryu

Document décrivant le Yagyu Shinkage ryu

Le kata est cet enchainement de techniques ou de mouvements, répété comme outil pour former le pratiquant. Pour les partisans de pratiques plus « libres », le kata parait ennuyeux, convenu et manquant d’intensité. Tout au moins est-ce la vision que semble partager nombre de pratiquants modernes.

Si de l’extérieur il peut être considéré comme une suite d’attaques et de défenses (parfois, un seul de ces échanges), rester à ce niveau n’est qu’effleurer la surface et ne pas comprendre l’outil au centre de la transmission des koryu. Je ne dénie pas que l’on voit souvent ce type de travail, des répétitions robotiques ou machinales, l’une après l’autre sans lien entre uchitachi et shitachi, que ce soit en démonstration ou lors d’un cours. Cela m’ennuie autant que nombre de pratiquants. Les koryu ne sont pas exsangues de ce travers, des embu peuvent ressembler à une simple chorégraphie ayant mal traversée les âges.

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Le rôle d’uke – celui qui reçoit la technique, en pratique celui aussi qui attaque, est majeur dans la progression de tori. Cela est particulièrement vrai dans le kata traditionnel japonais où uketachi (l’uke au sabre) est idéalement le plus avancé des deux pratiquants afin de gérer le rythme et la puissance des attaques. Le rôle de uketachi est primordial pour la progression de shitachi, son attaque conditionnant l’applicabilité de la technique et des principes du kata.

Voici la traduction d’un article de Peter Boylan du blog « The budo bum » qui traite de ce rôle difficile d’uke, à la fois agresseur dans le kata et élément indispensable à la progression.

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Comment être un bon Uke

Par Peter Boylan. Avec sa permission pour la traduction. Article original : http://budobum.blogspot.fr/2015/05/how-to-be-good-uke.html

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Suite du post sur les principes fondamentaux des budo, Peter Boylan (The Budo Bum)  nous parle cette fois du ma’ai.

Les principes les plus essentiels en Budo: Ma’ai

Par Peter Boylan. Avec sa permission exclusive pour la traduction. Article original : http://budobum.blogspot.fr/2014/07/the-most-essential-principles-in-budo.html

Il n’y a pas un élément essentiel unique dans les bons budo. Il y a un certain nombre d’éléments qui constituent les fondements communs de tout bon budo, que ce soit à mains nues, avec de petites armes, des épées, des lances et des naginata ou même du kyubado. J’ai écrit sur ​​la structure dans un précédent post. Un autre principe essentiel est ma’ai 间 合, souvent traduit par la distance (au sens intervalle). Ce principe semble simple, et s’avère être extrêmement complexe et subtil.

Au niveau le plus fondamental, l’intervalle est la distance entre vous et votre adversaire. C’est le niveau le plus élémentaire. Après cela se complique rapidement. Ma’ai 间 合 est le terme japonais, et bien qu’il se réfère à la distance, il implique également la bonne distance ou la distance correcte. Le problème et la complexité viennent du fait que la bonne distance est différente à chaque rencontre.

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Degrés de liberté – en mécanique cela recouvre les mouvements possibles par un solide dans l’espace. Lorsque deux solides reliés, il s’agit des mouvements relatifs indépendants d’un solide par rapport à l’autre.

Pour moi, cela évoque ma recherche dans le mouvement. Parce que j’ai débuté les arts martiaux avec moins de degrés de liberté que les valides.

Pratique entre handicapés et valides. Source : http://synchronicity2015.com

Pratique entre handicapés et valides. Source : http://synchronicity2015.com

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Lors de l’un de mes derniers posts, j’avais traduit un texte sur la différence de ressenti ou de saveur entre les koryu (anciennes écoles japonaises) et leurs dérivés modernes (les shinbudo). Pour poursuivre sur les différences d’approche de ces deux grands types de pratique (grand au sens que la segmentation entre les deux peut ne pas être toujours aussi nette), je vous propose un texte sur le changement dans les koryu face aux changements ayant lieu plus particulièrement dans les budo modernes compétitifs.

Livre de Donn Draeger sur les koryu. Les anciennes écoles avec comme outil principal le kata.

Livre de Donn Draeger sur les koryu. Les anciennes écoles avec comme outil principal le kata.

 

Le Changement dans les arts martiaux classiques et les arts martiaux modernes

Par Peter Boylan. Avec sa permission exclusive pour la traduction. Texte original : http://budobum.blogspot.fr/2014/04/change-in-classical-and-modern-martial.html

 

Les arts classiques du Japon (pré- 1868) ont une structure très différente des arts modernes. Les arts classiques sont entièrement définis par leur kata. Si vous prenez quelque chose comme le Suio Ryu ou le Shinto Muso Ryu, ils ont un ensemble clairement défini de kata. Changer le kata est mal vu, non pas parce que l’innovation est mauvaise, mais parce que c’est vraiment difficile de trouver quoi que ce soit dans le kata qui n’a pas été résumé à l’essence de l’efficacité.

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