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Les budo japonais et les écoles classiques reposent principalement sur le kata pour transmettre leur savoir. Ces séquences codifiées permettent l’intégration de principes de l’école pour l’application au combat (qu’il soit sur un champ de bataille, un duel civil ou une situation de self-defense urbaine selon le contexte de l’école). Ces compétences ne pourront être exploitées que si le pratiquant arrive à gérer le stress lié au chaos du conflit. Or cette exposition au stress voire l’entrainement sous stress est très souvent absente des dojo d’arts martiaux traditionnels.

L'effet tunnel, un des effets sous stress. (Source images : wikipedia)

L’effet tunnel, un des effets sous stress. (Source images : wikipedia)

Dans l’article suivant Tobin Threadgill discute des éléments permettant d’intégrer ce conditionnement au stress dans le Takamura ha Shindo Yoshin ryu et de l’importance de cet aspect de la pratique pour conserver un art martial fidèle à ses origines.

Petit avertissement avant lecture : les pistes décrites dans cet article ne doivent être mises en oeuvre dans votre entrainement que sous l’égide d’un instructeur qualifié et compétent.

Le conditionnement au stress psycho-chimique en budo

Par Tobin Threadgill, kaicho du Takamura ha Shindo Yoshin ryu, avec sa permission pour la traduction.

Source : Psycho-chemical stress conditioning in budo.

Une de mes amies proches nommée Meg Hinkley dirige le programme de

Toby Threadgill

Toby Threadgill

self-defense pour femmes à Dallas, au Texas, appelé Athena’s Strategies. Elle est une pratiquante de longue date des arts martiaux et possède une connaissance unique dans la dynamique réelle d’assaut des femmes et de leur self-défense. Il y a plusieurs années, elle m’a demandé de l’aider à évaluer son programme et parfois aider à sa mise en œuvre. C’est un programme impressionnant. Athena’s Strategies est parmi les rares programmes de self-défense que je recommande sans réserve. Une grande partie du programme implique la présentation de faits et de données qui chassent beaucoup de mythes couramment associés à l’agression physique et sexuelle des femmes. Le reste du programme aborde les aspects physiques de l’agression violente dans un processus qui dépasse pratiquement toutes les formes communes de l’étude de budo dans son efficacité à appliquer réalistiquement la self-défense. Cet avantage existe parce que le programme de Megs confronte sans sourciller ses participants à la réponse psycho – chimique au stress – ce que je appelle PCS (NdT : Psycho-Chemical Stress, stress psycho-chimique).

D’une manière générale, il y a un manque important d’enseignement efficace pour faire face aux stress physiologiques et psychologiques qui se produisent pendant tous les conflits physiques. Pour dire la vérité, la plupart des instructeurs hautement cotées dans le budo n’ont pratiquement aucune expérience avec les symptômes du PCS et beaucoup refusent même de reconnaître ses effets débilitants.

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La structure. Si vous n’avez pas entendu ce mot récemment, soit vous ne pratiquez pas les arts martiaux depuis les dix dernières années (ou plus et vous avez raté ce post), soit … Il est temps de vous y intéresser. Pour discuter de son importance dans le cadre de nos pratiques martiales, je vous propose la traduction d’un post de Peter Boylan. Il transpose par ses mots exactement ce que j’ai pu ressentir de si nombreuses fois en saisissant Tobin Threadgill pour l’attaquer et me retrouvant sans structure stable pour employer ma puissance.

 

Les principes les plus essentiels en Budo: Structure

Par Peter Boylan. Avec sa permission exclusive pour la traduction. Article original : http://budobum.blogspot.ca/2014/06/the-most-essential-principles-in-budo.html


Une question a été posée à un groupe de budo dont je fais partie,  demandant quels étaient les trois concepts les plus importants dans le budo. C’est une question intéressante. Quelles idées sont les plus fondamentales dans l’art que vous pratiquez ? Ces concepts sous-tendent et orientent votre entrainement. Ils dirigent le coeur de votre entrainement et contrôlent quel genre de choses vous pratiquez. Les gens ont proposé pas mal d’idées, y compris:

Gardez votre corps détendu.
Gardez toujours votre centre (ou être centré).
Gardez vos coudes vers le bas, et à proximité de votre corps.
Toujours essayer de contrôler le premier pas.

Beaucoup des idées proposées étaient spécifiques à l’Aïkido, qui est le but de ce groupe. Mes pensées sont plus générales et s’appliquent à toute forme de budo. Ma liste est structure / posture, distance et timing, dans cet ordre. Chaque concept est construit à partir du concept précédent, et sans l’utilisation efficace du concept précédent, le prochain ne peut pas être utilisé efficacement. Tous s’appliquent indépendamment du fait que vous faites du kung-fu, du judo, de la boxe, de l’aïkido, des épées, des bâtons ou des choses effrayantes comme le kusarigama. C’est ma liste, et je ne prétends pas que c’est définitif. Je vous l’offre dans l’espoir de susciter une bonne conversation et l’examen des éléments les plus importants de la pratique et de l’application martiale. J’avais pensé faire d’un seul post, mais il semble que je vais avoir donner à chacun son propre post.

Mon premier principe est la structure / posture. Sans une structure solide, connectée et soutenue vous ne pouvez pas accomplir quoi que ce soit. C’est pourquoi je ne plaisante qu’à moitié quand je dis que la seule chose que j’enseigne vraiment est marcher et respirer. Une bonne structure est ce qui permet le mouvement le plus rapide, le plus efficace, stable et solide. Si vous êtes vouté et roulez vos épaules, inclinant la tête vers le sol et ne vous soutenez pas, vous ne pouvez pas respirer profondément ou efficacement. Etre vouté et avoir une mauvaise posture compriment le torse de sorte qu’il ne peut pas contenir beaucoup d’air. Vous serez fatigué plus rapidement simplement parce que vous ne pouvez pas obtenir assez d’oxygène dans votre corps assez vite.

Etre avachi prive également le corps de son intégrité structurelle naturelle. Si vous êtes avachis, vous êtes déjà déséquilibré. Les gens du judo tiennent debout ou tombent sur ​​la base de leur équilibre, mais cela est vrai pour n’importe qui dans n’importe quel art. Si vous n’êtes pas équilibré, vous n’êtes pas stable dans au moins une direction.

 

slouch alexander technique

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Cette année aura lieu la 3e édition du stage commun à Londres avec Robert Mustard (7e Dan Yoshinkan aikido) et Tobin Threadgill (Menkyo kaiden, Takamura ha Shindo Yoshin ryu).

J’ai découvert Mustard sensei lors de la 1ere édition. Comme de nombreux aikidoka de part le monde je m’étais fait une image de l’homme à travers le livre de Robert Twigger, « Senshusei » (titre plus évocateur en anglais : « Angry white pyjamas »). Différent de l’image du livre, j’y rencontrais un budoka d’exception, sachant faire rimer techniques et humour. Aussi pour en parler mieux que moi j’ai décidé de vous traduire un article de Neil Saunders, l’organisateur de ce stage.

Echange technique lors du stage à Londres de 2012. A gauche : Neil Saunders. Au centre debout : Mustard sensei

Echange technique lors du stage à Londres de 2012. A gauche : Neil Saunders. Au centre debout : Mustard sensei

Mais tout d’abord laisser moi vous dire deux mots à propos de Neil. Neil est un grand gaillard, aux épaules bien baties, dont le crane quasi rasé renforce l’impression globale. Il est 4ième Dan de Tomiki Aikido par la fédération anglaise. Il rencontra Robert Mustard du Yoshinkan Aikido et s’entraîna de nombreuses fois dans son dojo à Vancouver. En 2010, il obtint le 4ième Dan en Yoshinkan Aikido, faisant de lui un des rares pratiquants gradés dans ces deux styles d’Aikido.

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Ukemi, la base ?

Mauvaise réception - Ukemi par Fudebakudo

Mauvaise réception – Ukemi par Fudebakudo

L’ukemi : littéralement l’art de recevoir la technique. Il se manifeste concrètement par une chute permettant à la fois à celui qui exécute la technique de l’appliquer complètement, et au partenaire de subir la technique sans la modifier et sans se blesser.

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Trois mois après la parution du Dragon Hors-Série Aikido, l’éditeur revient à la charge avec un nouveau numéro. Il est cette fois plus orienté sur le Japon avec un certain nombre d’article sur le parcours d’adeptes connus au Japon. Des cheminements variés à des époques différents qui peuvent nous permettre d’apercevoir des changements entre les pionniers des années 70-80, le renouvellement des années 90 et suivantes, et l’époque actuelle. L’aikido a peut-être perdu de son aspect un peu exotique, ou sa mondialisation a su diffusé les experts dans de nombreux pays, mais les témoignages indiquent que l’on y recherche toujours quelque chose, peut-être l’âme japonaise, peut-être dans d’autres cas des écoles plus confidentielles (comme les Koryu encore peu diffusées hors Japon). Je vous laisse découvrir le sujet…

Dragon magazine - Hors-série n°2

Dragon magazine – Hors-série n°2

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L’interne (arts martiaux internes, puissance interne, force interne…) a le vent en poupe ces dernières années. On rencontre de plus en plus souvent le terme « interne » (peut-être que son cousin « structure » vous parle-t-il plus ?) en Aikido, peut-être par un écart entre les capacités de son fondateur (Morihei Ueshiba) et ce que nous connaissons comme l’Aikido aujourd’hui. Quelque chose a-t-il été perdu en route ? Si oui, peut-on le retrouver et comment ?

Pour aborder ce sujet, je vous propose la (longue) traduction d’un essai très documenté d’Ellis Amdur, auteur des livres Traditions martiales (en français), « Dueling with O-sensei: Grappling with the Myth of the Warrior Sage » et « Hidden in Plain Sight: Tracing the Roots of Ueshiba Morihei’s Power ».

Une étude de l’Aikido dans le cadre de l’entrainement interne (révisé).

Par Ellis Amdur.

Article original : http://members.aikidojournal.com/public/a-consideration-of-aikido-practice-within-the-context-of-internal-training-by-ellis-amdur-2/, avec les permissions de Stanley Pranin et Ellis Amdur pour la traduction.

Ellis Amdur s'entrainant avec Bruce Bookman

Ellis Amdur s’entrainant avec Bruce Bookman

« Un entrainement de haut niveau nécessite des gens de haut niveau, et des compétences de haut niveau ne seront acquises que par une petite élite »

Cet essai a déjà été publié : à l’origine , dans une forme un peu différente , sur Aikido Journal et dans sa forme actuelle sur AikiWeb.

Note de l’auteur : Je ne suis pas un aïkidoka. J’ai officiellement quitté le dojo Kuwamori en 1978. Mais avant cela, je me suis entraîné bien plus de 7500 heures dans l’ art – sur le tapis, sous la tutelle de quelques-uns des meilleurs professeurs d’aïkido vivants. Je dois énormément à l’aïkido, car il m’a conduit à un certain nombre d’autres choses, et en raison de son caractère particulier, je n’ai jamais cessé de penser à lui, écrit à ce sujet, et, paradoxalement, travailler dessus. Au fil des ans, certains dojos m’ont invité à enseigner des stages, croyant que ce que j’ai appris dans l’aïkido, renforcé par une étude plus approfondie dans divers arts au cours des 35 dernières années, me laisse avec quelque chose à offrir.

Je suis d’avis qu’aucun art martial n’est meilleur qu’un autre, mais pas pour les raisons que certains pourraient penser. Certains arts martiaux sont clairement, incontestablement, meilleurs pour les combats, au moins dans certains contextes, et certains arts martiaux sont beaucoup plus adaptables quand ils sont appliqués dans un contexte différent. Chaque art martial est bon pour ce qu’il a été prévu, et tout ce pourquoi il est bon est ce pourquoi il a été fait. Considérez ceci: dans le japon d’avant-guerre, les joueurs professionnels de sumo étaient, en moyenne, probablement les plus difficiles, les plus redoutables combattants à mains nues. Pendant la seconde guerre mondiale, ils étaient principalement utilisés comme animaux de trait, comme des ânes ou d’autres bêtes, pour transporter des objets lourds le haut des collines. (suite…)

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Suite et fin de l’article sur Yoshi Sugino.

1ere partie: https://surlespasdemars.wordpress.com/2012/11/09/yoshio-sugino-1ere-partie/

2eme partie: https://surlespasdemars.wordpress.com/2012/11/17/yoshio-sugino-2e-partie/

Sugino et l’Aikido

Quand il avait 24 ans, Sugino a appris le Yoshin Koryu Jujutsu d’un professeur bien connu. Vers 1937 ou 1938, il était partenaire de l’enseignant dans une démonstration tenue dans le palais impérial. Là, il a également démontré le Katori Shinto-ryu avec son professeur Ichizo Shiina. Cette démonstration de budo a été parrainée par la Société pour la promotion des Arts Martiaux classiques japonais, un organisme créé quelques années plus tôt, en 1935, à l’initiative du ministre de la Justice, lui-même un haut-gradé de kyudo (tir à l’arc) et avec la coopération des membres de la Chambre des Conseillers. Avec ses professeurs, Sugino avait rejoint la nouvelle organisation en tant que représentant de la Katori Shinto-ryu. En Avril de la même année, la société a marqué son établissement avec une démonstration de budo tenue à la salle publique de Hibiya et à partir de là jusqu’à la fin de la guerre en 1945, elle a parrainé des démonstrations de « dévouement » des arts martiaux classiques (kobudo) aux plus importants sanctuaires shintoïstes du Japon. Sugino a participé à un grand nombre d’entre elles. Sugino a poursuivi son étude de Yoshin Koryu Jujutsu jusqu’à ce qu’il ait atteint le niveau kyoshi (un rang entre renshi et hanshi). En judo, cependant, il n’a pas passé de grade supplémentaire, malgré plusieurs recommandations pour sa promotion. « Le judo Kodokan est devenu un sport », dit-il, « et je n’étais pas intéressé par cela. »

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